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Le radeau...
Ce bateau de corde et de bois, ce radeau de fortune...
Flotte et surnage tant bien que mal... mais entre dans la brume
Dans cette opacité, je plonge mes mains pour le faire avancer
J’entends vos voix, mais malgré mes efforts,
Il s’éloigne du bord...
Dans cette ouate, ces pans de grisaille...
Aucun son, nul bruit dans le clapotis de cette baille
Dans ce remugle d’atmosphère, l’air est si épais
Je ne perçois plus le son étouffé de vos voix
De vos cris, de vos joies...
Ne reste que le silence de la nuit sur ce rafiot
Echarpes sombres que l’on entame au couteau
Dans la froideur de cette abîme de nuit...
Je ne devine plus vos voix, ce chatoiement d’énergie...
Je me perds sur l’océan de la vie...
Il fait froid, glace et givre sur cette coque de noix
Me prive de tout, me prive de vous, me prive de vos voix
A mes yeux perlent les larmes de mes souvenirs brûlés
De mes lèvres, le souffle s’évapore en filigrane de brouillard
Et je reste seul... perdu dans cet étrange hasard...
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