Publié dans : Poésies - Communauté : Vive la féminité
La tête dans les mains, je larmoyais, je m’écroulais
Et pour calmer mes pleurs, j’ai vomi mon cœur
Observer ses sursauts, constater ses soubresauts
Pour l’entendre… Et gémir et souffrir
Voir ses bonds et ses rebonds incessants
Il sautait, retombait ‘flasquement’, étalant
Sa mare rougeoyante et sa chair sanguinolente
Et j’ai craché, éructé mes poumons
Cellules agglutinées, transparentes, assemblées
Gonflées, prêtes pour l’air expulser, chasser
Et ils enflaient, et ils expiraient et ils crevaient
Reprenaient ampleur et contenance pour se vider
Frappés de fuite d’air chuintante,
Violentes et incessantes telles des lames cinglantes
Et j’ai rejeté mes entrailles et mes os
Mélange sans vigueur, mélange sans humeur
Des boyaux fins et longs pour intestin grêle
Indistinct, frêle puis gros jusqu’à l’anus extrême
Quant aux os, lamellaires vasculaires ou fibreux
Périoste pelliculé, moelle aérée, lourds ou légers,
Des viscères tricotés par des os nus de peau,
Ensanglantés de drames et de mélos
Et comme un dégoût n’arrive jamais seul
J’ai rejeté mon esprit, sa classe et sa douceur
J’en ai haï sa froideur et toutes ses couleurs
Son intelligence imbécile si facile
Je l’ai refusée, réfutée, niée toutes ses possibilités
Et dans la peur me suis encore baignée
Et la peur j’ai encore éprouvé
Cette peur si facile… La peur d’aimer




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